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 Cannibal (2006)

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MessageSujet: Cannibal (2006)   Sam 8 Aoû - 8:54



Année : 2006

Durée : 1h29

Genre : horreur, Drame (interdit aux moins de 18ans)

Réalisateur  : Marian Dora

Résumé :

Film basée sur l’histoire vraie du « cannibale de Rotenburg » qui a défrayé la chronique en rencontrant sa victime sur Internet.

Mon avis :

Attention! Film trash en perspective!

Découvert cette semaine, j’aimerai vous faire partager un véritable coup de coeur personnel. Cannibal de Marian Dora, réalisateur européen spécialisé dans les films extrêmes et totalement underground, connu notamment pour Melancholie Der Engel, un film que je n’ai pas eu encore le plaisir de visionner ou un documentaire Debris Documentar cité comme un monument de trash bien gratiné. Je remercie encore Inthemoodforgore pour cette découverte.

Cannibal retrace le parcours d’Armin Weis, le fameux cannibal ayant posté une annonce sur Internet recherchant « un beau jeune homme entre 18 et 30ans, désirant se faire manger » (manger dans le sens propre du terme). A sa propre surprise, un ingénieur berlinois de 42ans lui a répondu, Bernd Jürgen Armando Brandes. Les deux hommes vont se rencontrer au domicile d’Armin, auront des rapports sexuels classiques avant de passer à la boucherie proprement dite. Ils vont d’abord sectionner le pénis de l’ingénieur avant de le faire frire et le manger ensemble (bon appétit, bien sûr!). Puis, Armin va tuer de plusieurs coups de couteau son amant avant de l’éviscérer et d’en congeler certaines parties pour les manger plus tard.

Autant vous dire, ce film envoie du lourd, du sordide, du glauque. Filmé de façon très intimiste, presque caméra à l’épaule, on pénètre l’intimité du tueur, de ses fantasmes morbides mais et surtout, de son incroyable solitude. Mais j’y reviendrais.

Le film possède une ambiance unique, presque poétique malgré une violence dans un final halluciné, avec un choix de couleurs et de musique qui donnent un rendu presque onirique, mais dans une version plus cauchemardesque que joyeuse. Même les scènes gores, notamment l’émasculation, qui envoie du lourd côté hardcore, ont un côté très artistique dans l’horreur. Il n’y a que peu de blabla, les phrases échangéens entre les deux hommes sont très courtes et direct (« tu feras parti de moi » est on ne peut plus clair quand aux intentions du tueur qui ne s’épanche pas pendant des plombes), mises bout à bout, ne remplissent  pas une feuille A5. Cela rend le film encore plus étrange et haut perché.

La lente mise à mort de l’ingénieur est un parcours christique, un acte d’amour suprême bien que tordu (et je pèse mes mots) d’un homme qui ne trouve pas de sens à sa vie, à la seule personne qui semble le comprendre. Cannibal est le film d’une solitude extrême, l’enfermement de deux hommes dans leurs fantasmes morbides, celui de manger un être humain et celui d’être mangé. Bien sûr, la solitude du tueur est plus mise en avant, et les scènes où il semble déambuler à travers les ruelles de sa ville témoigne de cette solitude. Les scènes de rencontres du début sont d’ailleurs assez parlantes sur la vie d’Armin qui n’est au fond qu’un vide abyssal, puisque on ne filme que lorsque le futur tueur et sa victime potentielle se séparent, ou que sa victime ne parte et ne l’abandonne une fois de plus à ce vide absolu. Notre sympathique bonhomme vit dans un appartement sordide et sale et semble ne vivre que pour son fantasme, comme on peut le voir lors sa jouissance en arrière fond lorsqu’on dépèce un porc ou ses discussions par messagerie via le Net.

La rencontre entre nos deux « amoureux » semble au début fort normal, dans un champ, sous un ciel printannier. Le contraste entre l’obscurité qui habitent nos héros et une nature très campagnarde est un point qui est intéressant à souligner. En effet, durant les moments où ils entretiennent presque un semblant de relation normale entre deux êtres humains pourraient presque faire penser à une sympathique romance gay (le passage dans la voiture ou la séquence de jeu de boules à poil dans le jardin (et je vous vois venir, petit coquin! Pas de jeu de mots idiot!) ou même les hennissements chevalins (!!) pendant leur rapport sexuel). Jusqu’au moment fatidique. Et là… c’est direct dans le vif du sujet. Je vais pas revenir sur les séquences gores mais plutôt sur la toute dernière partie, où notre cannibal passe à table, la tête de sa victime posée sur la table, comme dans un dialogue muet post-mortem. On peut y voir une symbolique, le tueur conserve ce qui fait l’identité de sa victime, son visage, car, dans cette solitude qui l’a rongé durant des années, c’est la seule personne qui l’ait compris et aimé pour ce qui l’était et qui ne le renvoie pas au monstre qu’il est (« les yeux sont le miroir de l’âme »). Il continue de partager cet amour (oui, c’est horrible d’utiliser ce mot pour cela mais j’en trouve pas d’autre) même après la mort et de le faire partager à son amant qui est désormais en pièces détachées.

Ce film n’est pas un film qui plaira à tout le monde, il en est certain. On est loin des trucs aseptisés formatés par Hollywood qui fait souvent dans la surenchère pour satisfaire des ados en manque de sensation forte mais sans aller dans une recherche esthétique. Le parti pris pour filmer les différentes scènes, l’ambiance, les musiques, les acteurs même sont loin des stéréotypes habituels des films d’horreur « grand public » et peuvent déconcerter ceux qui ne seraient pas habitués à ce genre de cinéma. On est en outre dans un contraste permanent entre le côté sombre de l’être humain/la pureté de la nature, l’amour/la mort etc.

Donc, en conclusion, Cannibal est un film qui, certes n’est pas exempt de défauts (et le voir sur Youtube de façon complètement découpé n’a pas trop non plus aidé) mais c’est un film fascinant qui offre une vision particulière de l’affaire qu’il retrace.

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« La fanfiction est la matière noire de la culture, invisible pour le grand public mais incroyablement massive. »
Lev Grossman

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