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 Femmes battues

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Miss Kitty
Destiel 4ever True Love ♥
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Date d'inscription : 29/06/2009
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MessageSujet: Femmes battues   Ven 12 Fév - 21:29

Je sais que c'est un sujet particulièrement sensible, mais il me tient tout spécifiquement à coeur et me révolte vraiment !! Et qu'il soit sensible ou pas, je trouve qu'en parler est super important, parce que vivre dans l'ignorance, c'est certainement pas aider celles et ceux qui se trouvent dans ce cas.

Jusqu'à mes 10 ans, la violence faite aux femmes était un sujet dont j'avais vaguement entendu parler, jusqu'au jour où en me baladant dans la rue, j'ai croisé un homme qui en plein centre-ville, traînait sa femme par les cheveux, dans la rue, en l'insultant et l'humiliant pendant que celle-ci le suppliait d'arrêter. Et là où j'ai été encore plus choquée, c'est de voir qu'il avait remonté une bonne partie de la rue avant qu'UNE personne ne se décide ENFIN à réagir !! Et depuis, ce jour là, j'ai commencé à y porter un intérêt tout particulier (bon, voilà, ça c'était pour la petite histoire personnelle). Aujourd'hui encore, je ne comprends toujours pas comment des "hommes" (oui, c'est comme ça qu'on est censé les appeler) peuvent se comporter d'une telle manière avec leur femme ???

De nos jours, en France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son mari. A noter que sur ce chiffre : 50 % d'entre elles subissaient déjà des violences avant leur décès, et que 31 % de ces décès sont intervenus dans le cadre d'une séparation.

Malgré le fait que des mesures aient été prises, qu'on soit bombardé de spots TV, les chiffres continuent d'augmenter. Les femmes sont sous l'emprise de leur mari et ne réalisent pas que si elles ne parlent pas, elles risquent un jour d'y passer. C'est pourquoi il est important d'en parler, que ce soit à la Police ou à des associations présentes pour apporter ce soutien et cette écoute dont elles ont besoin. Seulement voilà, nombre d'entre elles ne veulent pas partir car sans leur mari, elles sont sans ressources financières, ou alors elles n'osent pas le faire à cause de leurs enfants, ou encore parce qu'elles ne voient aucune porte de sortie, ou bien parce qu'elles ont tout simplement peur des représailles. Or, des refuges pour femmes battues existent, et toutes celles qui pensaient ne pas savoir où aller si elles prenaient la fuite peuvent y trouver une aide. Car un quotidien fait de violence (qu'elles soient physiques ou morales), coups, humiliations, peur, ce n'est pas une vie. Et le plus dérangeant dans l'histoire réside sûrement dans le fait que l'homme accuse sa femme de tous ses maux et n'a pas l'air de voir où est le problème lorsqu'il la frappe, pour des futilités...

J'ai été également dégoûtée de voir que des gens, que ce soit les voisins, les passants, les amis, ne réagissaient pas toujours face à ce genre de situation et préféraient fermer les yeux, genre "Lalala, je continue ma vie de mon côté" . La plupart des femmes sont laissés à leur calvaire.
La Police fait parfois le déplacement lorsqu'il arrive ce genre de problèmes, mais elle ne fait en général pas grand chose. Je trouve qu'il devrait y avoir plus d'actions de ce côté là.

Témoignagnes d'une femme battue (que je trouve assez poignant) qui a réussi à s'en sortir grâce au Collectif et refuge pour femmes battues de la Louvière :
Citation :
Témoignage de F.

Je m’appelle F, mon père buvait et frappait ma mère. A la fin, il la frappait toutes les semaines. Ma mère en a eu marre. Elle a rencontré quelqu'un d'autre et a quitté mon père. A partir de ce moment-là, j'ai été ballottée d'un coin à l'autre (chez mon père, chez ma mère). L'homme qui vivait avec ma mère était violent avec moi et mes frères et soeurs.

Adolescente, je n'ai pas fait des choses de mon âge. Ma mère préférait que je n'aille pas à l'école pour l'aider à nettoyer. Je ne pouvais pas sortir. C'est pour cela que je n'ai pas fait de hautes études.

J'ai rencontré mon mari à 16 ans 1/2. Mon mari a demandé ma main à ma mère et ma mère m'a poussée dans ses bras comme elle l'a fait avec mes autres soeurs. Au début, ce n'était pas l'amour fou mais j'ai surtout été attirée par ses parents. Ils étaient très gentils avec moi, ils me donnaient l'affection que je n'ai pas eue de mes parents. Je me suis fiancée à 17 ans. Je pensais que je vivais un conte de fées. Sa famille m'offrait plein de cadeaux et l'affection que je n'avais pas eue de ma famille. J'ai arrêté d'aller à l'école et j'ai commencé à travailler. Je gagnais 24.000 F et ma mère me prenait 22.000 F. Il voulait déjà à ce moment-là m'empêcher de travailler car on allait bientôt se marier. Puis j'ai reçu mon préavis. Dès les fiançailles, c'est lui et sa famille qui m'achetaient mes vêtements à leur goût. Je n'ai pas pris attention car ce qu'ils m'achetaient me plaisait et ma mère ne nous achetait jamais de vêtements. On a eu quelques petites querelles mais rien qui m'ai alarmé. Je me suis mariée à 18 ans. J'ai eu ma première claque deux mois après le mariage car j'ai voulu aller passer un examen chez Côte d'Or et il ne voulait pas. Pour lui, une femme devait rester à la maison. J'ai quand même passé l'examen mais je l'ai raté. Mon beau-père a donné un avertissement à son fils. Puis quand j'ai été enceinte, il a commencé à devenir vulgaire. Quand je devais aller chez le gynécologue, il disait : "Tu vas encore écarter les jambes..." Quand j'ai été enceinte de 7 mois, il m'a poussé dans les escaliers. Après l'hôpital, je suis retournée chez ma mère mais mon mari et ma belle-famille m'ont convaincu de réessayer pour le bébé. Ma mère aussi me faisait comprendre que je ne pourrais pas rester chez elle. Je suis donc retournée. Jusqu'à la naissance, ça a été, il a été correct. Après l'accouchement, j'ai fait une dépression car je voyais que mes beaux-parents prenaient emprise sur mon fils et cela a continué. Après quelques mois, je me suis doutée qu'il avait une maîtresse et je lui ai demandé. Il a alors vu que je me "réveillais" et les disputes ont commencé "Pute comme ta mère".

Puis il s'est installé comme médium. Il recevait des gens même la nuit. Je n'avais que le droit de me taire et de faire du café en pleine nuit. Ma maison était toujours remplie mais je n'avais rien à dire. Je devais me taire, ne pas répondre sinon il s'énervait. Ma belle-famille me disait de ne pas répondre car il était malade des nerfs. C'est toujours ce qu'on me disait. Tous les mois, on avait une querelle, il me traitait de tous les noms ("sale bâtarde", "pute", "tu ne sais rien faire", ...) . Quand Mathieu a eu 11 mois, j'ai recommencé à travailler. Au début, il a bien voulu puis il a voulu que j'arrête. Puis j'ai de nouveau été enceinte et il a voulu que j'avorte et moi pas. Et là, a commencé le calvaire. Après les grossièretés et les disputes sont venus les coups parce que je lui ai tenu tête. Puis j'ai vu des indices qui prouvaient qu'il avait une maîtresse. Et cela ne lui plaisait pas.

A 6 mois de grossesse, j'ai dû arrêter de travailler parce qu'il y avait des complications. Sa violence a augmenté. Ses parents se mettaient toujours entre nous. Une fois, il a même frappé son père. Mais il y avait encore des accalmies. Ca allait pendant deux ou trois mois puis il remettait cela. Je n'avais rien à dire. J'en avais marre d'aller manger tous les jours chez sa mère. Je voulais avoir mon intimité mais il disait qu'on ferait comme lui, il dirait. Puis il a voulu une petite fille mais je ne voulais pas un troisième enfant avec une vie pareille. Mais il m'a dit que cela irait mieux et je me suis laissée convaincre. Mais il m'humiliait de plus en plus, il me faisait mettre à genoux devant les gens. Sa violence augmentait.

Quand les enfants ont commencé à grandir, la violence devenait de plus en plus régulière et plus forte et devant les enfants. Le dernier mois, il ne se calmait plus. Plusieurs jours d'affilée, il m'empêchait de dormir... J'avais peur, je ne dormais plus, je ne mangeais plus correctement. Les enfants aussi avaient peur. Il m'obligeait à rester nue devant les enfants et les coups qu'il me donnait étaient apparents.

Je pensais déjà partir depuis un moment mais ce qui m'a poussée à partir, c'est qu'il ait frappé à coups de ceinture les enfants parce qu'ils ne trouvaient pas la télécommande, qu'il ait fait mettre les garçons à quatre pattes et demander à la gamine de les frapper. Et aussi le fait que des voisins ont prévenu la police car ils ont entendu tout ce bordel. Il a été en fureur et un de ses amis m'a dit de partir car sinon il me tuerait. La gendarmerie m'a conduite au Collectif pour Femmes Battues.

Ce jour-là, si je n'étais pas partie, soit c'était lui qui me tuait soit c'était moi tellement j'avais des idées noires dans la tête. J'avais vraiment de la haine pour lui les derniers temps, je n'avais plus envie de lui parler. Il y avait comme une planche en bois entre nous.

Quand j'étais dans la voiture des gendarmes pour venir au refuge, mes enfants et moi avons ressenti du soulagement, un sentiment de sécurité. J'ai été très bien accueillie au refuge. Au début, j'ai déprimé car j'ai réalisé que c'était moi qui devais quitter ma maison et que je privais mes enfants de confort. Puis avec le temps, l'accueil des femmes, ça s'est passé. Les femmes me proposaient de m'accompagner en démarche. On était un bon groupe et petit à petit, j'ai surmonté ma peur. Je revivais. D'ailleurs, je serais bien restée au refuge, je me sentais chez moi. J'ai repris confiance en moi, j'ai extériorisé ma personnalité. J'avais envie de couper mes cheveux, je les coupais. J'avais envie de sortir, je sortais.

Mes enfants ont beaucoup été aidé aussi. On les a aidé à s'extérioriser, à parler de leurs émotions et on les a aussi aidé au point de vue scolaire. Normalement, on parlait d'enseignement spécial pour un de mes fils. Mais grâce aux éducatrices, mes enfants s'en sont sortis. Ils ont bien été pris en mains et même maintenant si j'ai un problème avec eux, je sais que je peux compter sur elles. Au fil des mois que je suis restée au refuge, je me sentais vraiment bien, je me retrouvais moi-même. Puis j'ai commencé à chercher un logement. J'ai trouvé une maison. Elle m'a plu directement. Maintenant je vis seule avec mes trois enfants. On est bien, on n'entend plus crier à nos oreilles, on n'a plus peur dès qu'on se lève, on est à l'aise. On a un mode de vie normale. Je suis toujours en contact avec des femmes qui étaient hébergées en même temps que moi. Je passe souvent au refuge et j'en suis très contente. Je ne me suis jamais sentie aussi bien que maintenant, c'est une vraie renaissance pour moi et mes enfants. Et, bien qu'il continue à me harceler, nous gardons le dessus. C'est la première fois que je pars et j'irai jusqu'au bout. Quand je l'ai en face de moi, j'ose lui répondre car on m'a beaucoup aidée à m'affranchir de ma peur au ventre. Un grand merci à vous toutes, c'est beaucoup grâce à vous si je m'en suis sortie

D'autres témoignages à cette adresse : http://www.eurowrc.org/01.eurowrc/06.eurowrc_fr/belgique/07belgique.htm

Une interview de Viviane Mounier, déléguée nationale de la Fédération Nationale Solidarité Femmes :

Citation :
Existe-t-il un profil de la femme battue ?
Non, elle appartient à tous les milieux, elle travaille ou est mère au foyer. Il n'existe pas de portait type, et rien ne prédestine une femme à devenir victime. La violence conjugale est un rapport de force qui s'installe entre deux personnes dans le temps. C'est un rapport qui déstabilise dans la mesure où l'homme contrôle la femme pour mieux la détruire. C'est une personne aux capacités de défenses affaiblies. La peur des représailles, d'être frappée à nouveau, est un état qui annihile petit à petit la volonté. Souvent elles sont emmurées dans le silence, ce qui les empêche d'envisager toute issue.

Existe il un profil de l'homme violent ?
Il n'est pas repérable. C'est rarement une brute épaisse, c'est un monsieur tout le monde. Il y a bien sûr des pervers, mais ce n'est pas la majorité. Ils sont tous dans le déni, ils se font passer pour des victimes, ils dressent en général un tableau noir de leurs femmes et ménagent le plus souvent les apparences, se sont souvent des gens charmants en société.

Pourquoi les femmes restent ?
Je dois dire qu'elles restent de moins en moins longtemps, les choses ont quand même évolué. C'est vrai qu'il y a 30 ans on disait, qu'il fallait 7 ans de violences avant qu'une femme parte. Ce n'est plus la réalité. En revanche, les femmes restent parce qu'elles se sentent souvent responsables, la gifle, l'œil au beurre noir c'est un mythe, c'est aussi tout le dénigrement de l'homme sur sa femme qui lui fait perdre pied. Elles n'ont plus confiance en elles, elles ont honte de ce qu'elles subissent, du coup elles n'en parlent pas.
Par ailleurs, ce n'est pas facile de casser une relation comme ça. En général l'homme violent s'excuse après ses actes. Et la femme veut y croire. Quand elle a des enfants, elle veut leur conserver un père... De plus pour les quitter ou que leur calvaire soit reconnu, c'est un véritable parcours du combattant, il faut tomber sur un bon flic, un bon médecin et un bon juge. C'est pas le cas partout.

Croyez-vous aux "traitements" pour hommes violents ?
Si ce n'est pas l'auteur lui même qui fait la démarche je n'y crois pas, ça ne sert à rien. Un homme qui a fait respecter sa loi par les coups recommencera tôt ou tard.

Quelle est la situation en France ?
C'est un problème dont on commence à parler ; mais face à l'ampleur du phénomène, le manque de réponses adéquates qui pourraient être offertes à ses victimes, la banalisation de faits graves, la non poursuite de partenaires violents sont autant de points qui permettent non seulement la réitération de cette violence mais aussi son aggravation.

Concrètement que se passe-t-il quand une femme veut quitter son mari violent ?
Elles portent rarement plainte parce qu'elles ont peur. Quand elles vont au commissariat, beaucoup de plaintes ne sont pas enregistrées, elles font parfois une main courante. Les affaires sont classées sans suite ou envoyées en médiation. Les condamnations sont très légères. En France il coûte plus cher de se garer dans un couloir de bus que de taper sa femme.

Plus d'interviews de personnes qui se sont intéressées au sujet à cette adresse : http://www.eurowrc.org/01.eurowrc/06.eurowrc_fr/france/05france_ewrc.htm#Daniel

Quelques spots tournés dans le but de faire réagir les gens que je trouve vraiment excellents :

1. http://www.dailymotion.com/playlist/xaigm_canope22_violences-conjugales/video/x2snvj_brigitte-rouan-violences-conjugales_politics (Je préviens que celui-ci est plus particulièrement choquant).

2. http://www.dailymotion.com/related/x2snvj/video/x2snyj_zabou-breitman-violences-conjugales_politics

3. http://www.dailymotion.com/related/x2snyj/video/x2snpu_emmanuelle-millet-violences-conjuga_politics

Et parce qu'ils sont trop souvent oubliés, ce sujet se rapporte à la majorité de femmes, mais aussi aux *hommes* battus, parce qu'il en existe et en souffre tout autant.


Venez ici vous exprimer sur ce sujet.

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MessageSujet: Re: Femmes battues   Ven 12 Fév - 22:20

C'est vrai que c'est quelque chose d'horrible, et pour moi on en parle pas assez... enfin, depuis quelques temps j'ai l'impression qu'il y a quelques pubs à ce sujet. Il y en a qui sont particulièrement choquantes d'ailleurs... à ce propos, je vais voir celles que tu as postées.

Concernant ta petite histoire personnelle, wow, je suis choqué sérieux! J'ai du mal à croire qu'une telle scène ait pu se passer, comme ça devant tout le monde! Et donc toi tu as vu l'homme tirer sa femme par les cheveux et l'insulter? C'est choquant, c'est la bête humaine à l'état le plus débile qui soit Je ne sais même pas quoi dire, c'est écœurant...
Idem, le témoignage de la femme battue est horrible... je suis vraiment fier d'elle qu'elle en parle, c'est ça qui fait avancer les choses. Parce que le silence est sans doute la pire réponse qu'on puisse faire à un homme qui nous bat...

Merci d'avoir crée ce topic Miss Kitty, c'est tout de même un sujet important dont il faut parler...
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